La période électorale est un moment stratégique pour les nations. Pourtant, bien souvent, les autorités et les acteurs politiques concentrent leurs efforts de communication uniquement pendant les campagnes électorales, laissant les citoyens dans le flou en amont. Cette approche est une erreur, car communiquer avant les élections est tout aussi, voire plus, crucial. Voici pourquoi.
Une communication anticipée permet d’informer les citoyens sur les enjeux électoraux, les réformes institutionnelles, les modalités de vote et les dispositifs sécuritaires mis en place.
En Allemagne lors des élections de 2021 par exemple, le gouvernement a lancé bien en amont une campagne pour expliquer les procédures de vote postal, renforçant ainsi la confiance des électeurs dans cette méthode introduite pendant la pandémie.
En période électorale, les rumeurs et les fake news se multiplient. Une communication proactive avant la campagne officielle permet d’établir une base d’informations fiables et de prévenir la manipulation médiatique. Nous avions pu noter qu’au Brésil en 2018, une vaste campagne contre la désinformation a été mise en place avant même l’ouverture des campagnes officielles, contribuant à limiter les effets des fake news.
Un manque de communication avant les élections peut générer des tensions et des incompréhensions. Informer en amont sur l’organisation des élections, les règles du jeu et les garanties démocratiques contribue à réduire les risques de contestation. Au Ghana en 2020, la Commission électorale a communiqué bien à l’avance sur les procédures électorales, ce qui a permis un déroulement apaisé des scrutins malgré un climat politique tendu.
Les électeurs ont besoin de temps pour comprendre les enjeux et organiser leur participation. Une communication bien avant les élections permet de mieux mobiliser toutes les couches de la population, y compris les jeunes et les populations éloignées des centres urbains, surtout qu’au sorti du Référendum le tuax d’absention était assez élevé. La Colombie en 2018 avait compris l’importance de lancer une campagne digitale bien avant la période électorale.
Elle avait permis une mobilisation record des jeunes électeurs.
N’oublions pas que l’absence de communication en amont laisse place à des spéculations et des tensions. Au Kenya en 2017 ce fut le cas, le manque de communication transparente sur la préparation des élections a conduit à des manifestations violentes et une remise en cause de la crédibilité du processus électoral.
En conclusion
Communiquer avant les élections, c’est poser les bases d’une démocratie apaisée et participative. Ce n’est pas une simple formalité, mais une responsabilité envers les citoyens. Attendre la période électorale pour parler, c’est déjà trop tard. Une communication proactive garantit une meilleure compréhension des enjeux, une mobilisation efficace et une légitimité renforcée du processus démocratique.
