Interview de DINALY

Protocole d’Interview : Madame Dinaly

Débuts dans l’audiovisuel et le football : Comment avez-vous commencé votre carrière dans ces deux domaines ?

Dinaly : J’ai débuté dans l’audiovisuel en rencontrant le grand artiste Tom Yoms. Nous travaillions simultanément sur nos albums, et il m’a aidée à produire le mien. Nous sommes ensuite tombés amoureux et avons décidé de retourner au Cameroun, où nous avons lancé RTM, la première radio privée dans la région littorale. Après le décès de mon mari des suites d’une leucémie, j’ai décidé de créer seule ma propre chaîne de télévision pour surmonter les difficultés que nous rencontrions pour promouvoir nos albums.

   

Quelles ont été les premières étapes marquantes de votre parcours professionnel ?

Influences et motivations : Qu’est-ce qui vous a inspirée à vous lancer dans l’audiovisuel et le football ?

Pour le sport, j’ai été appelée à une assemblée générale du club mythique Dynamo, dont je suis devenue la première présidente féminine après avoir surmonté des défis considérables. Par la suite, j’ai fondé mon propre club, Cyclone FC, dédié au football féminin, avec lequel nous avons remporté deux titres régionaux consécutifs et accédé à la 1ère division Guinness Super League en 2024.

Ma passion pour être pionnière m’a toujours animée depuis l’enfance, et l’audiovisuel représentait un domaine inexploré que je voulais conquérir. Malgré l’absence de formation formelle dans ce domaine, j’ai persévéré pour devenir la première à établir un média privé dans la région littorale.

Y a-t-il des personnes ou des événements particuliers qui ont marqué votre cheminement ?

Oui, il y a des personnes qui ont marqué mon parcours. Mon défunt mari, Tom Yoms, était un artiste très connu au Cameroun et en Afrique. Mon frère aîné m’a soutenue et je profite de l’occasion pour lui dire infiniment merci.

Il y a une grande dame, Madame Denise Fampou, maire de Douala 2ème, que j’affectionne particulièrement. Dès le début, lorsqu’on lui a dit qu’une jeune femme venait de créer une télévision et avait besoin de la faire interviewer, elle m’a accordé son soutien et a toujours été là pour moi. Quand j’ai perdu ma mère, elle était également présente. Je l’aime beaucoup, elle a un grand cœur et je tiens à lui dire que je l’aime énormément comme une grande sœur.

Madame Ketcha Courtès, devenue ministre aujourd’hui, je l’ai connue à travers le sport car elle était présidente d’un club mythique et maire de Bakande. Elle a toujours été là pour moi, je lui dis merci.

Il y a aussi l’ancien ministre de la communication, Monsieur Issa Tchiroma Bakary, qui a vraiment marqué ma vie professionnelle. « Ah, cette femme, la seule propriétaire de télévision au Cameroun », il était fier de me présenter ainsi à chaque occasion. Il a beaucoup œuvré pour que je tienne bon et que j’excelle à son niveau. Il m’a également donné l’autorisation provisoire d’exercer. Quand ma mère est décédée, il est descendu à Douala pour les funérailles, c’est quelqu’un qui a beaucoup impacté ma carrière professionnelle.

Le ministre Laurent Esso, dans les moments très difficiles où j’étais au fond du gouffre, je me suis tournée vers lui et il était là pour moi à deux reprises. Il a été présent à des moments cruciaux de ma vie, merci Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées en tant que femme dans ces domaines ?

En près de 15 ans, j’ai dû surmonter les préjugés persistants contre les femmes dans ces milieux. On m’a souvent sous-estimée et confrontée à des obstacles basés sur mon genre, mais chaque défi m’a renforcée dans ma détermination à réussir.

Comment avez-vous surmonté les préjugés et les obstacles liés au genre ?

Face aux préjugés, j’ai puisé ma force dans ma volonté de prouver que les femmes ont toute leur place dans ces secteurs. Chaque critique m’a motivée à exceller et à montrer que je pouvais non seulement survivre mais aussi prospérer.

Quels ont été les moments les plus difficiles de votre carrière ?

J’ai vécu un moment particulièrement difficile lorsque ma chaîne de télévision a été ravagée par un incendie, perdant ainsi tout notre équipement. Malgré cela, avec le soutien de mon équipe dévouée, j’ai réussi à maintenir nos opérations et à reconstruire, renforçant ainsi notre résilience.

Comment avez-vous géré les échecs ou les revers ?

Élevée dans une famille chrétienne, j’ai toujours cru que chaque défi était une occasion de croissance. Chaque échec m’a appris quelque chose de précieux et m’a encouragée à avancer avec foi et détermination.

Quel est le plus grand défi que vous avez dû relever jusqu’à présent ?

Le maintien de ma chaîne de télévision après l’incendie et la gestion de mon club de football professionnel ont été mes plus grands défis, mais aussi mes plus grandes réussites.

Réflexions et conseils :


Conseils pour les jeunes femmes :

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes souhaitant se lancer dans l’audiovisuel ou le football, et comment encourager davantage de femmes à rejoindre ces secteurs ?

Je conseille aux jeunes filles de ne pas hésiter à poursuivre leurs ambitions dans l’audiovisuel et le football, car ce sont des voies vers l’autonomisation. Il est essentiel de commencer petit et de ne pas se laisser décourager par les obstacles.

Comment envisagez-vous l’avenir de votre carrière ?

Je suis optimiste quant à l’avenir de ma carrière, avec la relance de mes programmes et la réussite de mon club de football en première division. J’espère pouvoir inspirer davantage de jeunes filles à réaliser leurs rêves à travers mes entreprises.

Un mot pour la fin Mme Dinaly

Je dis MERCI à Eden Vision Magazine d’avoir pensé à ma modeste personne, et merci à la directrice de publication. Je te souhaite une longue réussite, j’espère que tu vivras de belles choses. Je demande aux femmes de prendre le contrôle de leur vie pour qu’elles puissent d’abord s’accomplir par elles-mêmes avant de penser qu’elles peuvent recevoir le soutien d’un homme. Elles doivent exister par elles-mêmes.

Bisous, bisous, je vous embrasse.

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