À Conakry, son sourire lumineux illumine les visages qu’elle rencontre. Kadiatou Diallo, 52 ans, mère de quatre enfants, n’est pas seulement une survivante du cancer : elle est devenue un symbole d’espoir pour des centaines de femmes guinéennes. Son combat contre le cancer du col de l’utérus, diagnostiqué il y a plus d’une décennie, a transformé sa vie — et celle de toute une communauté.
« Quand le médecin m’a annoncé que j’avais un cancer, j’ai cru que la seule issue était la mort », confie-t-elle. À l’époque, comme beaucoup de femmes en Afrique, Kadiatou ignorait tout de cette maladie silencieuse. Les symptômes — douleurs pelviennes, saignements — étaient là, mais la peur et le manque d’information l’ont longtemps retenue d’aller consulter.
Son parcours de soin débute au Centre Francophone Régional de Conakry, où elle est prise en charge grâce à un programme soutenu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Entre les traitements lourds, la fatigue et la peur de l’inconnu, Kadiatou a souvent vacillé. « Je priais chaque jour pour avoir la force de continuer. Mes enfants étaient ma raison de me battre », raconte-t-elle, les yeux pleins d’émotion.
Après plusieurs mois de traitement, les résultats tombent : le cancer a reculé. Un immense soulagement, mais aussi une promesse qu’elle se fait à elle-même — transformer sa douleur en mission. Aujourd’hui, Kadiatou sillonne les quartiers de Conakry pour sensibiliser les femmes au dépistage précoce et à la vaccination contre le papillomavirus, principale cause du cancer du col de l’utérus.
« L’ignorance est notre plus grand ennemi », répète-t-elle souvent lors de ses campagnes de sensibilisation. Grâce à elle, des dizaines de femmes ont pu se faire dépister à temps.
Son engagement lui a valu le respect et la reconnaissance des autorités sanitaires. Mais au-delà des honneurs, Kadiatou garde une humilité désarmante : « Je suis la preuve vivante que le cancer n’est pas une condamnation à mort. On peut guérir, on peut vivre, et surtout, on peut aider les autres à ne pas passer par les mêmes souffrances. »
Dans une société où parler du cancer reste encore tabou, le courage de Kadiatou inspire. Son histoire rappelle qu’avec l’accès aux soins, la solidarité et l’information, des milliers de vies peuvent être sauvées.
