L’usage de produits éclaircissants ou dépigmentants reste une pratique préoccupante et largement répandue, en particulier chez les femmes africaines et afro-descendantes. Si cette tendance concerne majoritairement les femmes, elle touche également certains hommes, souvent influencés par les standards de beauté véhiculés dans les médias ou sur les réseaux sociaux.
Ces produits, généralement composés de substances dangereuses telles que l’hydroquinone, les corticoïdes ou le mercure, sont utilisés pour éclaircir la peau. Pourtant, leur usage régulier expose à de nombreux risques sanitaires : lésions cutanées irréversibles, troubles hormonaux, diabète, hypertension, insuffisance rénale, et même augmentation du risque de certains cancers. Malgré cela, leur utilisation reste fréquente, parfois banalisée.
Au-delà des conséquences médicales, cette pratique soulève des enjeux sociaux et identitaires profonds. Héritée des normes esthétiques coloniales, la quête d’un teint plus clair traduit souvent un malaise lié à l’estime de soi et au regard porté sur la couleur de peau dans les sociétés africaines et diasporiques. Dans de nombreux contextes, la peau claire est encore associée à la beauté, au succès ou à un statut social élevé.
Face à cette problématique complexe, les professionnels de santé et les militants appellent à une régulation plus stricte des produits cosmétiques, à des campagnes de sensibilisation adaptées, et surtout à une valorisation de toutes les carnations dans l’espace public.
À titre d’exemple, au Gabon, la Première Dame Zita Oligui Nguema s’est illustrée par son engagement contre la dépigmentation volontaire. En 2025, elle a parrainé un atelier régional à Libreville pour l’élimination des produits éclaircissants contenant du mercure. À travers cette initiative, elle appelle à une prise de conscience collective et plaide pour des politiques de prévention à l’échelle africaine.
Réapprendre à aimer sa peau, quelle que soit sa teinte, est plus qu’un geste personnel : c’est une affirmation culturelle, identitaire et politique. Le changement passe par une redéfinition des normes de beauté, une éducation à l’estime de soi et un engagement fort des institutions et figures publiques pour promouvoir la diversité des peaux noires dans toute leur richesse.
