Le pagne Okorwè occupe une place singulière et profondément symbolique dans la culture myènè. Bien plus qu’un simple tissu, il incarne la beauté de la femme, le divin féminin et l’importance de son rôle dans l’organisation sociale et spirituelle.
Dans la tradition, la femme qui portait l’Okorwè était reconnue comme une très belle femme. Le contour rouge du pagne venait sublimer et perfectionner cette beauté féminine. Cette bordure rouge symbolisait le sang, étroitement lié au féminin, à son pouvoir de création, à la fertilité mais aussi à l’abondance.
L’Okorwè avait également une dimension sociale et rituelle forte. Lors du mariage coutumier, il était offert à la famille du marié venant épouser une fille myènè. Ce don représentait une bénédiction du mariage, un signe de respect et de grande considération. Les mamans cousaient ces pagnes artisanalement, avec des aiguilles en épine de porc-épic, avant de les border de matière rouge. Elles les offraient à leurs filles prêtes pour le mariage, ainsi qu’au futur gendre et à sa famille. Il s’agissait d’un cadeau d’une valeur inestimable, empreint d’une forte symbolique.
Hommes et femmes éclairés portaient l’Okorwè pour rappeler que sans la force et la présence de la Femme, il n’y a rien et l’Homme n’est rien. Ce vêtement traduisait donc la place essentielle de la femme, ainsi que le profond respect qui lui est accordé dans les croyances et la société myènè.
Le pagne Okorwè n’était pas porté tous les jours. Il sortait lors de grandes cérémonies et d’occasions spéciales, servant d’ornement gage de richesse, de sagesse et de beauté.
La transmission de la tradition myènè étant majoritairement orale, les recherches actuelles cherchent à mieux décrypter les codes et les mœurs de l’époque. La composition exacte du matériau rouge bordant le pagne reste d’ailleurs un sujet de recherche. Ces investigations, menées au contact des aînés, permettent peu à peu de raviver la mémoire collective et de réapproprier les symboliques profondes de l’Okorwè.
