Nous en avions parlé dans notre Magazine EVM. Aujourd’hui, le monde culturel pleure la disparition soudaine de Koyo Kouoh, figure emblématique de l’art contemporain africain.
Le musée Zeitz MOCAA en Afrique du Sud, qu’elle dirigeait depuis 2019, a annoncé avec émotion la disparition de sa directrice, Koyo Kouoh, survenue de manière subite. Cette pionnière, née à Douala en 1967, s’apprêtait à marquer une nouvelle page de l’histoire en devenant la première femme africaine à diriger la Biennale de Venise en 2026.
Koyo Kouoh n’était pas seulement une commissaire d’exposition de renommée internationale : elle était une voix forte, libre et visionnaire pour la reconnaissance des artistes africains sur la scène mondiale. À la tête du Raw Material Company, centre d’art contemporain basé à Dakar qu’elle avait fondé, elle a su tisser un réseau intellectuel et artistique allant de Londres à Bamako, de Dakar à Kassel.
Son travail mêlait engagement, esthétique et politique culturelle avec brio. Elle a porté haut les couleurs d’un art africain sans complexe, décolonial, audacieux et profondément enraciné dans les réalités du continent.
Sa disparition laisse un vide immense, aussi bien pour le Cameroun, son pays natal, que pour le monde artistique international, où elle comptait parmi les plus influentes curatrices de sa génération.
Koyo Kouoh s’en est allée, mais son œuvre, elle, continuera de parler au monde.
Que la terre lui soit légère.
