AVC , ce mal qui nous tue: focus sur le Gabon

L’AVC, ce mal qui nous tue : focus sur le Gabon

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) est une pathologie qui, à l’échelle mondiale, représente une des principales causes de mortalité et d’incapacité. Le Gabon n’est malheureusement pas épargné par ce fléau silencieux qui tue lentement, souvent sans prévenir, et laisse des séquelles dévastatrices chez de nombreux survivants.

Qu’est-ce qu’un AVC ?
L’AVC survient lorsqu’une partie du cerveau est brusquement privée de son apport sanguin. Cela peut être causé par un vaisseau sanguin bouché (AVC ischémique) ou éclaté (AVC hémorragique). Dans les deux cas, les cellules cérébrales privées d’oxygène meurent rapidement, entraînant des dommages irréversibles si une prise en charge immédiate n’est pas effectuée.

Une augmentation inquiétante au Gabon
Le Gabon connaît une hausse significative du nombre d’AVC ces dernières années. Selon les chiffres du ministère de la Santé gabonais, environ 700 cas d’AVC sont recensés chaque année dans le pays, un chiffre alarmant dans une population d’un peu plus de 2 millions d’habitants. L’augmentation des facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité et le mode de vie sédentaire contribue à cette montée en flèche des cas.

Selon une étude menée à l’hôpital universitaire de Libreville, près de 60 % des patients admis pour un AVC souffraient d’hypertension artérielle non contrôlée. Le fait que beaucoup de personnes ignorent leur état de santé ou n’aient pas accès à des soins préventifs adéquats aggrave la situation.

                                               

Facteurs de risque majeurs
Les principaux facteurs de risque d’AVC au Gabon incluent :

Hypertension artérielle : C’est le facteur le plus courant et le plus dangereux. Près de 30 % des adultes gabonais souffriraient d’hypertension, souvent non traitée.
Tabagisme et alcool : La consommation excessive d’alcool et le tabagisme augmentent le risque d’AVC. Le Gabon a l’un des taux de consommation d’alcool les plus élevés d’Afrique, ce qui aggrave les risques pour la santé.
Sédentarité et obésité : Avec l’urbanisation croissante, de plus en plus de Gabonais adoptent un mode de vie sédentaire, associé à une alimentation riche en sel et en graisses, favorisant ainsi l’obésité. Environ 16 % des adultes sont en surpoids ou obèses, un facteur qui accroît le risque d’AVC.
Diabète : Le diabète, souvent lié à un mauvais régime alimentaire et au manque d’exercice, affecte également un pourcentage croissant de la population gabonaise.
Delia Bilouni : une survivante engagée
Un exemple inspirant de résilience et d’engagement face à l’AVC est celui de Delia Bilouni. Victime d’un AVC à un âge relativement jeune, Delia Bilouni a transformé son expérience personnelle en une mission de vie. Elle a fondé l’Association SOS AVC, une organisation dédiée à la sensibilisation, à la prévention et au soutien des personnes touchées par les AVC au Gabon.

L’Association SOS AVC a pour objectif de fournir des informations cruciales sur les signes précurseurs des AVC, d’organiser des campagnes de sensibilisation et de soutenir les survivants et leurs familles dans leur parcours de réhabilitation. Grâce à son travail, l’association a contribué à une meilleure compréhension de cette maladie et à une plus grande sensibilisation aux facteurs de risque, ainsi qu’à la nécessité d’une intervention rapide.

                                                     

Un système de santé sous pression
Le système de santé gabonais n’est pas toujours en mesure de répondre à l’urgence et à la prise en charge rapide qu’exige un AVC. Les infrastructures hospitalières, bien que présentes, sont souvent surchargées, et le nombre de médecins spécialisés en neurologie reste faible. Par conséquent, la prise en charge rapide d’un AVC, cruciale pour limiter les séquelles, est souvent retardée.

De plus, le coût élevé des soins de santé au Gabon est un obstacle pour de nombreuses familles. Une prise en charge efficace nécessite non seulement des soins d’urgence, mais aussi une rééducation intensive, un luxe que peu de patients peuvent se permettre. Ainsi, la majorité des survivants d’AVC souffrent de handicaps permanents faute de traitements appropriés ou de suivi après leur crise.

Sensibilisation et prévention : les clés pour réduire les cas
Pour faire face à l’augmentation alarmante des AVC, la sensibilisation du grand public est essentielle. Beaucoup de Gabonais ne connaissent pas les signes avant-coureurs d’un AVC, comme la paralysie soudaine d’un côté du corps, la difficulté à parler ou la perte de vision. Une prise en charge rapide, dans les 4 premières heures, peut réduire considérablement les séquelles.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation sur les dangers de l’hypertension, du diabète et du tabagisme sont nécessaires pour encourager les comportements préventifs. Des initiatives pour promouvoir une alimentation plus saine et une activité physique régulière devraient également être renforcées.

L’AVC est un tueur silencieux qui, au Gabon, frappe de plus en plus fort. Les chiffres alarmants des cas annuels montrent que la prévention et la sensibilisation sont les meilleures armes pour lutter contre ce mal. Le travail de l’Association SOS AVC, dirigée par Mme Delia Bilouni, est un exemple précieux de ce que l’engagement personnel peut accomplir pour améliorer la prise en charge des AVC dans le pays. Un contrôle régulier de la tension artérielle, une meilleure hygiène de vie et un accès facilité aux soins de santé pourraient permettre de réduire considérablement le nombre de victimes. Parce que chaque seconde compte lorsqu’un AVC frappe, il est temps de faire de la prévention une priorité nationale.

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